Des espaces de travail première classe

Des espaces de travail première classe

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Si à l’origine, les espaces de co-working donnaient l’opportunité à des travailleurs indépendants et des start-up de louer collectivement des locaux, ils représentent aujourd’hui, une stratégie qui a fait ses preuves en matière de lieu de travail, y compris pour les grandes entreprises. Le nombre de ces bureaux nouvelle génération à travers le monde a explosé ces dix dernières années : d’après une étude, il a augmenté à l‘échelle de la planète de près de 700% depuis 2011. Et cette tendance devrait durer.

Kwerk en est un exemple haut de gamme dans le quartier financier de la Défense à Paris. Ce lieu où une attention particulière a été prêtée au bien-être et au design s’est forgé une clientèle de sociétés essentiellement. Né de la contraction entre les termes anglais “quirk” (singularité en français) et “co-work”, Kwerk a été créé en 2015 par l’architecte et designer Albert Angel, un globe-trotter qui vit entre New York et l’Afrique du Sud, et l’entrepreneur franco-anglais Lawrence Knights. Sa communauté a rapidement pris de l’ampleur pour s‘établir sur quatre sites diiférents dans Paris.


Kwerk

Ici, une fois que vous êtes membre, on prend grand soin de votre santé en appliquant les principes de la médecine ayurvédique indienne. Un coach établit le profil de votre personnalité en fonction des éléments du feu, de l’air et de l’eau, l’utilise pour bâtir un programme de bien-être personnalisé, puis vous aide à le mettre en pratique dans votre vie professionnelle. Vous aurez un accès illimité aux séances de gym et aux cours gratuits de yoga proposés dans les locaux. Vous pourrez aussi profiter de chaises ergonomiques et de sessions de sieste quotidiennes dans une grotte à la voûte parsemée d‘étoiles.

Même si le lieu peut sembler un peu trop confortable pour y travailler, “il est vraiment tourné vers le travail,” assure Lawrence Knights. La dernière chose que ses concepteurs veulent, c’est effectivement de créer la confusion entre vie privée et vie professionnelle. “On ne veut absolument pas que l’on imagine cet endroit comme un chez-soi dans un bureau, on veut offrir un environnement de travail qui soit le plus extraordinaire possible,” renchérit son cofondateur.


Kwerk

Principe fondamental de la démarche : quand on se sent bien dans son corps et son esprit, on réussit mieux au travail. D’après une enquête interne réalisée en janvier dernier, 86% des membres de Kwerk disent se sentir moins stressés depuis qu’ils ont intégré ses locaux et 73% estiment être plus performants dans leurs tâches professionnelles. “Ici, à la différence des espaces de travail traditionnels, on se préoccupe beaucoup plus de l’utilisateur final,” affirme Lawrence Knights.

Savoir-faire de ces espaces ? Le bien-être des utilisateurs

Les espaces de co-working se veulent une réponse à ce qu’on appelle “l’absentéisme gris” qui correspond à un motif d’absence tel que de la fatigue, des maux de tête ou un mal-être. Bref, des arrêts de travail qui pourraient parfois être évités si l’employeur tenait mieux compte du bien-être de ses salariés. L’idée, c’est de permettre aux entreprises de se concentrer sur leur activité et de laisser aux espaces de co-working le soin de gérer les conditions de travail de leurs employés dans l’objectif à terme, d’augmenter leur productivité.

Pour faciliter la vie professionnelle, ces lieux d’un nouveau genre offrent des espaces modulables, certains plus intimes pour se concentrer, d’autres pour se réunir, encore d’autres pour trouver l’inspiration ou se reposer. Mais pour être efficaces, ces entités ont dû aussi comprendre comment tel ou tel type de travail se fait aujourd’hui. Il s’agit aussi d’atténuer les tensions qui pourraient survenir entre collaborateurs d’une même société ou entre membres.

“C’est pourquoi cela ne suffit pas de simplement fournir des locaux, indique Ed Korporaal, fondateur de l’agence pour le bien-être au travail Keeping the Balance. C’est comme ces corbeilles de fruits que l’on trouve parfois dans les entreprises, il n’y a aucune stratégie derrière,” regrette-t-il. Apprendre aux employés à utiliser des chaises ergonomiques et les aider à adhérer à un programme de bien-être sont des aspects essentiels.

“Si vous voulez que les personnes s’investissent, vous devez vous assurer que l’expérience se passe avec une certaine fluidité, précise Lawrence Knights de chez Kwerk. Peut-être qu’un jour, on proposera même des tenues de sport.”

La collaboration, la valeur centrale des espaces de co-working

Au-delà de l’expérience personnelle incroyable que peut procurer le fait de travailler dans un espace agréable à tout point de vue, la valeur réelle de ces espaces se trouve dans la collaboration entre leurs membres grâce à la création d’une communauté. Pour l’encourager, la plupart d’entre eux incitent à l‘échange lors d’entraînements intensifs, d‘évènements et de cours de gym.

La collaboration peut aussi aboutir à l’amélioration de la performance d’une organisation. Et c’est ce qui amènent des entreprises plus traditionnelles à vouloir leur part du gâteau. Chez WeWork, un leader des espaces de co-working, 22% des clients sont des entreprises de plus de 500 salariés. L’an dernier, Microsoft a implanté 300 de ses commerciaux chez WeWork et IBM vient de signer un contrat important pour louer en totalité, un espace de WeWork à New York.


We Work


We Work

Même constat au sein de la clientèle majoritaire de Kwerk qui va des plus petites entreprises aux grands groupes. “Le co-working est là pour durer, il va devenir un segment du marché de l’immobilier d’entreprise,” estime Lawrence Knights. Des enquêtes montrent que de nombreux espaces se louent à un prix qui n’est pas nécessairement beaucoup plus élevé que les locaux très coûteux qu’occupent de manière générale, certaines entreprises, en particulier dans le cas où les employés voyagent énormément. La flexibilité des contrats signés avec ces nouveaux espaces est aussi un avantage pour les sociétés qui cherchent à se placer rapidement sur de nouveaux marchés.

Ces espaces de co-working quel que soit leur succès devront à présent, relever le défi de maintenir leur qualité de service tout en se développant rapidement. Le marché parisien, à la différence de ceux de Londres et New York, n’est pas saturé pour l’instant, des perspectives de progression sont bien là et Kwerk par exemple l’a bien compris. Si dans son cas, l’aventure a démarré à trois il y a deux ans, l‘équipe regroupe aujourd’hui près d’une trentaine de personnes. Elle compte bientôt mettre en place un service de restauration interne et envisage de se diversifier tout en s’efforçant de “continuer à offrir une expérience incroyable” comme le dit Lawrence Knight.

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